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SOCMA : l’inventeur du Turbopigeur® voit l’avenir en grand

Article de la Newsletter #46 | SOCMA

Chrystelle Frelin-Delamare
Chrystelle Frelin-Delamare
16 novembre 2022

Mécanicien devenu inventeur, Joseph Ferrandez a amélioré le quotidien des domaines viticoles avec ses innovations mondialement reconnues, comme le Turbopigeur®. Figurant aujourd’hui parmi les leaders de son secteur, la société SOCMA basée dans le Narbonnais poursuit sa croissance avec les fils Rémi et Sylvain Ferrandez, désormais à la tête de l’entreprise familiale.

 

Rémi Ferrandez, racontez-nous l’incroyable ascension de votre père Joseph, fondateur de SOCMA ?

Jo Ferrandez, fondateur de SOCMA et inventeur du Turbopigeur®.


Mon père était mécanicien et a tout appris sur le tas. Il était distributeur pour des marques de matériel vinicole, dont certains concurrents aujourd’hui. Il a très vite ressenti le besoin d’apporter des améliorations sur des systèmes d’égrappage ou d’autres matériels existants. Travailler directement avec les constructeurs était impossible alors il a lui-même conçu ses prototypes.

Mes parents ont démarré leur activité de maintenance en indépendant avec une 4L fourgonnette et une caisse à outil.

 







Quel a été son premier brevet ?

En 1992-1993, il a créé le Turbopigeur® [un appareil qui permet de réaliser le pigeage, le remontage ou encore l’oxygénation des rouges, la mise en suspension des lies pour les blancs, NDLR].

Cette invention lui a permis de développer l’égreneur plan, qui a été testé sur les machines à vendanger New Holland en 1999 puis directement intégré à partir de l’an 2002. C’est ensuite qu’il a pu développer tout une gamme de matériel de réception de vendange : tapis convoyeur, table de tri à bande ou vibrante, fouloir…
Ils se sont installés avec ma mère, qui s’occupait de l’administratif, dans un petit local commercial à Narbonne.

 

Vos parents ont pris leur retraite en 2019 et vous êtes avec votre frère cadet Sylvain à la tête de la SOCMA. La reprise était écrite ?

Sylvain (à gauche) et Rémi Ferrandez, fils de Jo Ferrandez.

Pas du tout. On se disait avec mon frère que l’on découvrirait d’autres horizons. Le sujet est venu sur la table lors d’un repas de famille. La volonté familiale était d’assurer la pérennité des emplois de leurs collaborateurs historiques plutôt que de se faire racheter par un grand groupe.


Arrivés à la trentaine, on s’est dit que cela pourrait être une belle aventure humaine, technique et commerciale.
Avec Sylvain, nous faisions les saisons pour aider nos parents à l’atelier ou dans les chais lors des installations de matériel. L’histoire familiale est ancrée dans la viticulture. Notre grand-père paternel était régisseur de propriété viticole, et notre grand-père maternel était viticulteur.

 


Comment avez-vous poursuivi l’entreprise familiale ?

La nouvelle usine de Montredon-des-Corbières.

Nous avons racheté les parts de l’entreprise en 2017 et nos parents ont pris leur retraite en 2019. Mon frère Sylvain a pris en charge la partie technique et production et de mon côté j’ai pris la responsabilité de l’activité commerciale.

Sur le site de Montredon-des-Corbières, en périphérie de Narbonne, nous avons fait construire en 2019 une nouvelle usine deux fois plus grande (3 600 m2), plus adaptée à la dimension de la société.
Aujourd’hui, nous employons 25 personnes. Le chiffre d’affaires a doublé en passant de 2,4 millions en 2016 à 5 millions en 2022, et le nombre de machines fabriquées est passé d’une centaine à plus de 300 par an (sur une quinzaine de modèles différents).

 

Votre best-seller reste le Turbopigeur® ?

Le Turbopigeur® 

C’est la machine qui a été la plus produite par la société. C’est un système à la fois ingénieux et efficace, sans être lourd en termes de construction et donc de prix. Mes parents ont vendu jusqu’à 250 Turbopigeurs® par an pour un total aujourd’hui de 2 500 Turbopigeurs® vendus dans le monde.

En termes de volume de vente, le tapis convoyeur est en tête aujourd’hui. Il déplace la vendange d’un point A à un point B, en recréant la gravité, en respectant le raisin tout en permettant un nettoyage simple et efficace.

 

 

Quelles sont les nouvelles innovations de SOCMA ?

Le produit qui fait notre renommée aujourd’hui, c’est le Cube®. C’est un système d’égrenage et de tri plus délicat et plus précis que ce qui existe sur le marché. En complément du tri du Cube®, le Densibaie® permet de trier les baies sèches, passerillées, vertes, ou de segmenter la vendange en deux lots de maturité, donc de densité différente, en s’appuyant sur le principe de la densimétrie.

 

Quelle technologie utilisez-vous pour le Densibaie® ?

Il n’y a pas d’Intelligence artificielle. La densité est une loi physique qui utilise de l’eau et du sucre ou du moût pour séparer la vendange. Un système de tasseaux entraine les baies plus ou moins mûres vers leurs sorties respectives.

  Le Densibaie®


Comment se compose votre clientèle aujourd'hui ?

On travaille avec des jeunes vignerons qui démarrent comme avec des institutions mondialement reconnues.

Nous travaillons sur des outils orientés vers le qualitatif et donc des débits raisonnés. Nos clients sont essentiellement des caves particulières. 80 % de notre chiffre d’affaires est réalisé en France, et pour l’export 70 % des ventes concernent les pays limitrophes, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, et 30 % dans le reste du monde.

 

En quoi est-ce important pour vous de faire partie du réseau Vinseo ?

Mon père était déjà membre, nous avons naturellement poursuivi l’aventure. En tant qu’industriel implanté en Occitanie et lié au monde du vin, la relation avec Vinseo nous parait évidente, pour des valeurs d’identité régionale, des notions de relations avec des confrères et différents intervenants, d’information sur d’éventuelles évolutions de marché, etc…

 

 


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